Le politiquement correct

Introduction

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Transcription

Alors, politiquement correct, l'origine est américaine, Etats-Unis, et c'était une expression utilisée par des... l'élite de gauche, les universitaires, c'est une expression qui est en fait quelque peu péjorative signifiant qu'il est de bon ton, convenu etc.....de penser que ....mais, sans qu' on s'y conforme un petit peu, bon ça fait bien, mais bon voilà, c'est l'idée dominante.

Depuis un certain nombre d’années nous connaissons le phénomène du ‘politiquement correct’, qu’on peut définir comme la tendance à éviter des mots et des expressions qui étaient considérés comme ‘normaux’ autrefois. Nous ne disons plus ‘un aveugle’, mais ‘une personne malvoyante’; nous ne parlons (et n’écrivons) plus de ‘problèmes d’apprentissage’, mais de ‘différences d’apprentissage’. Cette nouvelle tendance nous est venue des Etats-Unis, où le mot 'nègre' a été remplacé par ‘noir’ et ensuite par ce qui est considéré comme correct en ce moment: 'Américain d’origine africaine'.

En anglais, le mot ‘man’ signifie ‘homme’, mais ce mot figure aussi dans grand nombre de mots composés, tels que chairman (président), policeman (flic), fireman (pompier). Ces mots, sous l’influence du mouvement féministe ont été remplacés par des mots plus neutres, tels que ‘chairperson’, ‘police officer’, ‘firefighter’.

En français, il y a l’expression: ‘appeler un chat un chat’. Le politiquement correct consiste à ne pas appeler un chat un chat, à présenter les choses dans une lumière plus rose dans le but de ne pas offenser ou choquer. Mais le français ne va pas aussi loin que les Américains, qui parlent de ‘dégâts collatéraux’ pour indiquer des victimes civiles dans une guerre.

Le monde est masculin

Comme beaucoup d’autres langues, le français est basé depuis ses origines sur le principe que le monde est masculin et donc que le masculin a prépondérance sur le féminin. Cela était donné une fois pour toutes dans la création, un point c’est tout.

En français, les substantifs sont du féminin ou du masculin; il y a le genre des mots, que beaucoup de langues n’ont pas. Evidemment il faut faire une distinction entre le genre grammatical d’un mot et le ‘genre’ biologique. Que les Français disent ‘une chaise’ et ‘un fauteuil’ n’a évidemment rien à voir avec du sexisme. Mais il y a des mots et des expressions où cela est moins clair.

En français, un ‘homme fort’ est une expression positive pour indiquer un ‘mâle avec beaucoup de force physique ou morale’, mais ‘une femme forte” ne veut dire qu’une chose: une femme trop grosse. ‘Maître’ est un terme uniquement positif, mais le mot ‘maîtresse’ est ambigu. Un ‘entraîneur’ est un sportif qui entraîne d’autres sportifs, mais une ‘entraîneuse’ est une dame qui, dans un bar, stimule les clients masculins à dépenser de l’argent.

Les professions prestigieuses en français ont souvent la désinence du masculin : un/une auteur; un/une professeur; un/une docteur. Mais cela ne vaut pas pour les professions qui ont moins de prestige: un masseur/ une masseuse; un coiffeur/ une coiffeuse/ un chauffeur/ une chauffeuse.

Prestige

En outre, on peut constater que pour certaines professions féminines qui peuvent prendre une forme féminine, le féminin a moins de prestige que le pendant masculin: ‘un poète’ a plus de prestige qu’une ‘poétesse’, un ‘docteur’ plus qu’une ‘doctoresse’.

En français, quand il y a une énumération de substantifs de genre différent, l’accord de l’adjectif  se fera toujours au masculin. Comme l’a dit Vaugelas au 17e siècle: ‘la forme masculine a prépondérance sur le féminin, parce que plus noble (!)’. Cela vaut même si parmi 10 mots du féminin, il n’ y a qu’un mot masculin: La chaise, la table, la porte, l’armoire et le tabouret ont été peints en blanc.

Puis, il y a le cas du pronom indéfini ‘on’. Ce mot vient du latin ‘hominem’, qui, en français, outre le mot ‘on’, a donné le mot ‘homme’, qui est un mot qui designe l’espèce humaine, mais en même temps le genre biologique. En français, des 'hommes' sont donc d’une part ‘des personnes du sexe masculin’, d’autre part ‘ des membres de la race humaine’. Quand, en français, on parle des ‘droits de l’homme’, on risque de vexer les femmes, et à juste titre. On a essayé d’y rémédier en remplaçant ce terme par les ‘droits humains’, ce qui au fond ne résout rien, car le mot ‘humain’ est également dérivé de ‘hominem’, bien que cette relation ne soit plus tellement ressentie par les Français.

Au Canada et en Suisse, il y a des groupes qui se sont posé pour but de féminiser la langue. C’est ainsi qu’on parle en Suisse et au Canada d’une ‘professeure, d’une ‘docteure’ et d’une ‘auteure’. En France, cette tendance n’est pas encore généralement acceptée.



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